10 mai 2008
René Char - Allégeance
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima?
Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas?
Image du site LA PHOTO TEMPS
27 novembre 2007
W.B. Yeats - I am of Ireland
‘I am of Ireland,
And the Holy Land of Ireland,
And time runs on,’ cried she.
‘Come out of charity,
Come dance with me in Ireland.’
One man, one man alone
In that outlandish gear,
One solitary man
Of all that rambled there
Had turned his stately head.
That is a long way off,
And time runs on,’ he said,
‘And the night grows rough.’
‘I am of Ireland,
And the Holy Land of Ireland,
And time runs on,’ cried she.
‘Come out of charity
And dance with me in Ireland.’
‘The fiddlers are all thumbs,
Or the fiddle-string accursed,
The drums and the kettledrums
And the trumpets all are burst,
And the trombone,’ cried he,
‘The trumpet and trombone,’
And cocked a malicious eye,
‘But time runs on, runs on.’
I am of Ireland,
And the Holy Land of Ireland,
And time runs on,’ cried she.
“Come out of charity
And dance with me in Ireland.’
Lewis Caroll - Jabberwocky
`Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe:
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.
"Beware the Jabberwock, my son!
The jaws that bite, the claws that catch!
Beware the Jubjub bird, and shun
The frumious Bandersnatch!"
He took his vorpal sword in hand:
Long time the manxome foe he sought --
So rested he by the Tumtum tree,
And stood awhile in thought.
And, as in uffish thought he stood,
The Jabberwock, with eyes of flame,
Came whiffling through the tulgey wood,
And burbled as it came!
One, two! One, two! And through and through
The vorpal blade went snicker-snack!
He left it dead, and with its head
He went galumphing back.
"And, has thou slain the Jabberwock?
Come to my arms, my beamish boy!
O frabjous day! Callooh! Callay!'
He chortled in his joy.
`Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.
14 novembre 2006
Michel Berger - Les Princes Des Villes
Les princes des villes
Briller comme une étoile filante
C'est l'aventure qui les tente
Et puis cet étrange pouvoir
Qui s'est glissé dans leur regard
Vivre plus vite que les autres
Avoir un pied dans le futur
Vivre les rêves qui sont les nôtres
Et obéir à sa nature
Puisque rien de dure vraiment...
Mais les princes des villes
N'ont pas besoin d'armure
Dans les grandes voitures
Les rêves sont faciles
Et leur nuit de vinyle
Sont collées sur les murs
Mais rien n'est vraiment sûr
Et l'avenir fragile
Pour les princes des villes
Des idées bizarres
Vibrent au rythme des guitares
Des rock'n roll stars
Qu'on les adore, qu'on les jalouse
Comme des maîtresses andalouses
Qu'on leur élève des statues
Qu'on les affiche dans les rues
Mais au matin d'un nouveau jour
Qu'on les piétine, qu'on les insulte
Qu'on établisse de nouveaux cultes
Et qu'on les oublie pour toujours
Mais puisque rien ne dure vraiment...
Image de Narmi Michejda
17 septembre 2006
Jack Kerouac - On The Road (extrait)
But they danced down the streets like dingledodies, and I shambled after as I've been doing all my life after people who interest me, because the only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn like fabulous yellow roman candle exploding like spiders across the stars and in the middle you see the blue centerlight pop and everybody goes "Awww"!
14 août 2006
Louis Bertignac - Je joue
Je joue pour les temps qui viennent
Et je joue pour les temps qui vont
Je joue dans un coin de mon âme
Qui brûle douc'ment
Je joue pour tous ceux que je croise
Et pour toutes celles qui n'me voient pas
Je joue pour que l'on s'aperçoive
Que j'traîne par là
Je joue les heures qui passent lentement
Le jour la nuit tout le temps de mon temps
Comme un enfant
Je joue de ma vie qui n'est rien
Je me joue du hasard et du destin
Du vide entre mes mains
Je joue contre les certitudes
Et contre l'ennui qui me tient
Je joue - c'est une douce habitude
Qu'ont pris mes mains
Je joue avec tout ce qui vient
Avec tout ce qui me tombe sous la main
Comme ça pour rien
Je joue mes quelques sous de temps
Je me joue des après et des avants
Et de tous les 'pourtant'
Je joue pour que ça reste tendre
Pour qu'il ne fasse jamais trop froid
Je joue quand soudain la nuit tombe
Et que je n'sais pas
Je joue les couplets des refrains
Je joue par habitude ou par chagrin
Dès le matin
Je joue ma peau ma vie ma foi
Je joue tous les souv'nirs tous les tracas
Sur la pointe des doigts.
Image : Francofolies de Spa 2006
Al-Fârâbi
Car chaque être est fait pour
atteindre la perfection ultime
qu'il est susceptible d'atteindre
conformément à sa place dans
l'ordre de l'être. La perfection
spécifique de l'homme est appelée
le bonheur suprême.
10 août 2006
Louis Chedid - Ainsi Soit-Il
Moteurs
L'action se déroule dans ta ville
Vue d'hélicoptère ou du haut d'un building
Et puis la caméra zoome avant
Jusqu'à ton appartement
Ainsi soit-il
Tel est le nom du film
Comme il est dit dans l'scénario
Gros plan de toi dans ton berceau
Comme il est précisé dans le script
Lumière tamisée flou artistique
Ainsi soit-il
Tel est le nom du film
Sur la bande son les cloches qui sonnent
Fondu enchaîné sur la cour d'une école
Un lièvre une tortue ou trois mousquetaires
Et plus tard Les Fleurs Du Mal de Charles Baudelaire
Ainsi soit-il
Tel est le nom du film
Autre séquence autre scène
Oui champ contre champ gros plan sur elle
T'as raison y a qu'lamour qui vaille la peine
Demande à l'éclairagiste qu'il éteigne
Ainsi soit-il
Tel est le nom du film
Flash-back tu regardes en arrière
Oui toutes les choses que t'as pas pu faire
Tu voudrais disparaître dans l'rétroviseur
Mais personne n'a jamais arrêté l'projecteur
Ainsi soit-il
Tel est le nom du film
Travelling sur un corbillard qui passe
Sans faire de bruit sans laisser de trace
Un bébé qui pleure dans la maison d'en face
Quand quelqu'un s'en va un autre prend sa place
Ainsi soit-il
Tel est le nom du film
Alors la caméra zoome arrière
Et tu r'montes dans l'hélicoptère
27 mai 2006
Nick Cave - Wonderful Life
Come in, babe
Across these purple fields
The sun has sunk behind you
Across these purple fields
That idiot-boy in the corner
Is speaking deviated truths
Come on, admit it, babe
It's a wonderful life
If you can find it
If you can find it
If you can find it
It's a wonderful life that you bring
Ooh it's a wonderful thing
Speak our secret into your hands
And hold it in between
Plunge your hands into the water
And drown it in the sea
There will be nothing between us, baby
But the air that we breathe
Don't cry
It's a wonderful, wonderful life
If you can find it
If you can find it
If you can find it
It's a wonderful life that you bring
It's a wonderful, wonderful thing
We can build our dungeons in the air
And sit and cry the blues
We can stomp across this world
With nails hammered through our shoes
We can join that troubled chorus
Who criticise and accuse
It don't matter much
We got nothing much to lose
But this wonderful life
If you can find it
And when you find it
And when you find it
It's a wonderful life that you bring
It's a wonderful, wonderful, wonderful thing
Sometimes our secrets are all we've got
With our lives we must defend
Sometimes the air between us, babe
Is unbearably thin
Sometimes it's wise to lay down your gloves
And just give in
Come in, come in
Come in, come in
To this wonderful life
If you can find it
And if you find it
It's a wonderful life that you bring
It's a wonderful, wonderful thing
It's a wonderful life
It's a wonderful life
Image de Chau Cuong Lê
17 mai 2006
Bénabar - La p'tite monnaie
Un joyeux brouhaha, un chaleureux chahut
Nous retient autour d'une table, la peau du ventre bien tendue
Les vieux finissent l'eau-de-vie, tandis que les jeunes mangent leur pain blanc
En chatouillant les petits qui s'étouffent en rigolant...
Les repas le dimanche midi
Comme j'sais plus qui disait...
Le bonheur ça se trouve pas en lingots
Mais en p'tite monnaie
Une forte tête blonde termine sous la menace
Ses minuscules dés de viandes, en faisant la grimace...
Il en donne un sur deux au chien... moi j'y vois clair dans son petit jeu
Il me supplie du regard, alors je ferme les yeux !
Le bébé en bout de table, sur sa chaise d'arbitre
Surveille d'un oeil abstrait l'arbre généalogique
Dire qu'on vénère tellement ce petit incontinent
La grand-mère l'embrasse en rital... j'vous jure que c'est mieux avec l'accent !
Ca me rappelle quand on était gamins
On faisait nos prières en italien...
J'ai longtemps cru que dieu était rital
Maintenant je sais qu'il est américain !
On fait des dunes de sel pour aspirer les tâches
De vin rouge renversé, et des sujets qui fâchent
Les vieux souvenirs de vacances roulent sur la nappe, les miettes de pain
Les blagues plutôt grivoises slaloment entre les bouteilles de vin.
La prune, la poire, la cerise, on va siroter tout le verger !
Le grand-père sort les cigares... et se les fait tous taxer ! Morceaux de sucre dans l'alcool... raffinement de gastronome
C'est la chasse au canard dans le marc de Bourgogne !



