10 mai 2008

René Char - Allégeance

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima? Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part. Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma... [Lire la suite]
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27 novembre 2007

W.B. Yeats - I am of Ireland

  ‘I am of Ireland,And the Holy Land of Ireland,And time runs on,’ cried she.‘Come out of charity,Come dance with me in Ireland.’One man, one man aloneIn that outlandish gear,One solitary manOf all that rambled thereHad turned his stately head.That is a long way off,And time runs on,’ he said,‘And the night grows rough.’‘I am of Ireland,And the Holy Land of Ireland,And time runs on,’ cried she.‘Come out of charityAnd dance with me in Ireland.’‘The fiddlers are all thumbs,Or the fiddle-string accursed,The drums and the... [Lire la suite]
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14 mai 2006

John Donne

Nul Homme n'est une Islecomplète en soy-mesme; toutHomme est un morceau deContinent, une part du tout; siune parcelle de terrain estemportée par la Mer, l'Europeen est lésée,tout de même que s'il s'agissait d'un Promontoiretout de même que s'il s'agissaitdu Manoir de tes amis ou du tienpropre; la mort de tout hommeme diminue, parce que je suis solidaire du Genre Humain. Ainsi donc, n'envoie jamais demander :pour qui sonne le glas; ilsonne... [Lire la suite]
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12 janvier 2006

...

"Je retourne où déjà j'ai été vers les murs d'une ville qu'aimantent les constellations sans herbe, rocheuse, immobile mer d'éternité paon de pierre en plein vol scintillant. Le rêve que je suis conscient de rêver l'unique, le premier, me dirige là." Giuseppe Conte Image de Jean Dieuzaide
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12 janvier 2006

Edgar Poe - Un rêve

En des visions de la sombre nuit, j'ai bien rêvé de joie défunte - mais voici qu'un rêve, tout éveillé, de joie et de lumière m'a laissé le coeur brisé.      Ah ! qu'est-ce qui n'est pas un rêve le jour, pour celui dont les yeux portent sur les choses d'alentour un éclat retourné au passé ?      Ce rêve béni, ce rêve béni, pendant que le monde entier grondait, m'a réjoui comme un rayon cher guidant un esprit solitaire. ... [Lire la suite]
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11 décembre 2005

René Guy Cadou - Sauver les meubles

  Il est un homme au bord du monde   Qui chancelle   Un pauvre corps sans étincelles   Tout au fond de la vie   Un grand remous à la surface   Et puis des cris   Un doigt crispé qui me fait signe   Dans le courant un coeur qui saigne   Et cependant je n'ose aller   Vers cet homme qui me ressemble   Qui bat des mains   Qui me supplie   De l'achever d'un seul regard   Nous ne pouvons mourir... [Lire la suite]
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15 novembre 2005

Friedrich Hölderlin

Hypérion le chant du destin Vous les génies bienheureux, vous vous promenez là-haut dans la lumière et sur des sols tendres! les souffles étincelants des Dieux vous effleurent doucement comme les doigts d'artistes des saintes harpes.   Sans destin, comme les nourrissons endormis, respirent ceux des cieux; Pudiquement protégé dans les bourgeons discrets, en eux poussent éternellement l'esprit. Et les yeux saints se plongent dans la calme éternelle vérité.   Mais à nous il n'est donné aucun ... [Lire la suite]
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24 octobre 2005

...

et bientôt on te retrouvera dans le sable   et tu seras l’hôte attendu qui vole vers les astres   et tu seras consumé dans le feu des retrouvailles   silencieusement…silencieusementNelly SachsImage de "Sans Prétention"
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23 octobre 2005

Novalis (traduction de Gustave Roud)

Les temps passés où l’on vit Dieu lui-même,   Manifesté dans sa jeune splendeur,   Vouer à la précoce mort, suprême Élan d’amour, sa douce vie en fleur, N’ayant point repoussé la coupe amère Afin que cette mort nous fût plus chère.       Nos yeux brûlés d’angoisse et de regret   Pleurent ces temps perdus dans la ténèbre.   Rien ici-bas n’apaisera jamais   L’ardente soif en nous comme une fièvre.   Pour vous revoir encore, ô temps bénis,   Reprenons le chemin du cher Pays. ... [Lire la suite]
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23 octobre 2005

...

La nuit ! La nuit surtout je ne rêve pas je vois J'entends je marche au bord du trou J'entends gronder Ce sont les pierres qui se détachent des années La nuit nul ne prend garde C'est tout un pan de l'avenir qui se lézarde Et rien ne vivra plus en moi Comme un moulin qui tourne à vide L'éternité De grandes belles filles qui ne sont pas nées Se donneront pour rien dans les bois Des hommes que je ne connaîtrai jamais Battront les cartes sous la lampe un soir de gel Qu'est-ce que j'aurai gagné à être éternel? Les lunes... [Lire la suite]
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